• Florence Masiero

Dream Team

Dernière mise à jour : 21 mars

Dans le jargon anglais on pourrait l’appeler « la dream team ». Une équipe composée de professionnels motivés, à qui l’on doit la découverte de l’Endurance. C’est une grande chance et un grand honneur d’avoir pu partager à leurs côtés, ces journées exceptionnelles, jusqu’à ce jour historique du 5 mars 2022.

Bien évidemment, cette découverte ne bouleversera pas le monde et n’influencera pas les décisions prochaines de l’hôte du Kremlin qui lui, malheureusement, rentrera dans l’histoire.

Nous sommes encore sur notre bulle rouge, certains que le monde entier nous regarde. Mais l’histoire, notre histoire, est à mes yeux la plus belle. C’est la plus importante car seule la fierté de nos familles et de nos proches a de l’importance.



Je garderai en mémoire l’étroitesse de ce minuscule shelter bourré d’électronique où nous avons pu, contre toute rationalité, mettre plus de sardines qu’il n’y a de place dans une boîte. C’est dans l’étroitesse de cet exigu réduit que le 5 mars, l’Endurance est revenue aux regards des hommes. Je garderai en mémoire l’enthousiasme de cette équipe alors qu’à notre bord certaines personnes émettaient des doutes sur nos capacités à trouver l’Endurance.

Je pense à Maéva qui a quitté la sécurité de son emploi pour partager cette aventure avec Jim son compagnon. Je veux parler de Fred, Greg, Pierre, et de Clément qui est le premier à avoir vue se dessiner sur l’écran sonar, le profil de l’épave. Tous les six sont des surveyors issues de l’école Intechmer de Cherbourg. Leurs tâches sont incroyablement complexes et ce blog ne suffirait pas à énoncer leurs capacités techniques mais pour résumer, ils assurent la bonne position géographique des machines sur le fond de la mer.



Je pense à Robbie et Joe, deux gabarits de deuxième ligne, frères inséparables. A Kerry qui malgré les F..k, qui égrènent sa conversation, garde un flegme tout britannique. À Chad dont le sourire ne quitte jamais ses lèvres. On les appelle les « technos », tous les quatre sont mécaniciens, un peu électroniciens, électriciens, sorciers, magiciens ! Mais surtout, pilotes de machines tels que les ROV ou les AUV.



Je pense à Lars, petit bonhomme tiré d’un compte suédois. Les AUV sont ses enfants, il les a vu naître. À Thomas, lui aussi de la société SAAB, grand, effacé, je ne connais pas le son de sa voix. J’ai l’impression qu’il ne dort pas. Je ne l’ai vu que figé derrière son ordinateur qui affiche des colonnes de chiffres et d’algorithmes sans fin, il est le cerveau électronique des AUV. Je pense à François, Fanch de son surnom, que l’on nomme « le major ». Sonariste hors pair, il a su avoir la délicatesse de laisser à Clément la joie de découvrir seule l’épave. Une manière élégante de transmission de savoir !

Nous pensons tous à Seb, off-shore manager, qui n’est malheureusement pas à bord avec nous. Infatigable, il a assuré l’énorme logistique de cette mission. Le 5 mars, nous avons eu une belle pensée pour lui.

Je pense à John, qui n’était pas de l’équipe. Un archéologue parachuté. Sa gentillesse et sa disponibilité ont fait de lui un membre apprécié.



Je pense à JC dont le flegme n’a rien à enlever à celui des britanniques. Hormis de faire de la promotion pour Nescafé et une marque de cigarettes dont je tairai le nom, il est l’off-shore manager de la mission. Infatigable, il définit et réparti les tâches quotidiennes et affine les stratégies de recherche. Il veille au bien-être de tous.



Je pense à Nicolas, le cerveau de cette préparation insensé. Nombreux aurait abandonné cette impensable idée de venir chercher une épave sous la glace digne d’un roman de Jules Vernes. Durant deux années, il a mis sa vie de côté afin de se concentrer sur la tâche, multiplier les plans, se battre contre des moulins à vent, bouger, bousculer les immobiles, éviter les crocs en jambe. J’ai connu des pit bulls qui étaient moins vaillants sur l’os ! Nous lui devons ces jours merveilleux.

Pour terminer je pense à John Kingsford, le boss de la société Deep Ocean Search, à qui nous devons tant de découvertes et de belles années sur notre ancien bateau le John Lethbridge.

Merci à vous tous. De cette histoire il ne restera que quelques coupures de presse et peut être une breloque que nos enfants remiseront dans le placard à souvenirs. Mais le plus important n’est pas matériel. Ce qu’il l’est, ce sont ces journées vécues ensemble et je pense, que si nous avions été dans la même position que les hommes de l’Endurance, nous serions tous rentré vivants.

Nicolas se plait à dire que rien n’est gravé dans le marbre. Probablement, mais cette expédition et tous ces prénoms, resteront gravé à tout jamais dans ma mémoire.

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Dream Team


In English jargon, it could be called "the dream team". A team of motivated professionals, to whom we owe the discovery of endurance racing. It is a great opportunity and a great honour to have been able to share these exceptional days with them, right up to this historic day of 5 March 2022. Of course, this discovery will not change the world and will not influence the next decisions of the host of the Kremlin, who will unfortunately go down in history. We are still on our red bubble, certain that the whole world is watching. But history, our history, is in my eyes the most beautiful. It is the most important because only the pride of our families and loved ones matters.

I will always remember the narrowness of this tiny shelter full of electronics where we were able, against all rationality, to put more sardines than there is room in a can. It was in the narrowness of this cramped space that the Endurance returned to the eyes of men on 5 March.


I will keep in memory the enthusiasm of this team while some people on board had doubts about our ability to find the Endurance. I am thinking of Maéva who left the security of her job to share this adventure with her partner Jim. I am referring to Fred, Greg, Pierre, and Clement who was the first to see the profile of the wreck on the sonar screen. All six are surveyors from the Intechmer school in Cherbourg. Their tasks are incredibly complex and this blog would not be sufficient to state their technical abilities but to summarise, they ensure the correct geographical position of the machines on the sea bed.


I'm thinking of Robbie and Joe, two big second line guys, inseparable brothers. To Kerry who, despite the F..ks that pepper his conversation, keeps a very British phlegm. To Chad whose smile never leaves his lips. They are called the "technos", all four of them are mechanics, a bit electronic, electricians, wizards, magicians! But above all, they are pilots of machines such as ROVs or AUVs.



I think of Lars, a little guy from a Swedish account. The AUVs are his children, he saw them being born. To Thomas, also from SAAB, tall, self-effacing, I don't know the sound of his voice. I have the impression that he does not sleep. I have only seen him frozen behind his computer which displays endless columns of figures and algorithms, he is the electronic brain of the AUV.

I think of François, Fanch by his nickname, who is known as "the major". An outstanding sonarist, he was kind enough to let Clément discover the wreck alone. An elegant way of passing on knowledge!

We are all thinking of Seb, off-shore manager, who is unfortunately not on board with us. He was tireless in handling the huge logistics of this mission. On 5 March, we had a nice thought for him.

I think of John, who was not part of the team. He was a parachute archaeologist. His kindness and availability made him a valued member.

I think of JC, whose phlegm has nothing to take away from that of the British. Apart from promoting Nescafé and a brand of cigarettes whose name I will not mention, he is the off-shore manager of the mission. Untiring, he defines and distributes the daily tasks and refines the research strategies. He looks after everyone's well-being.



I think of Nicolas, the brain behind this senseless preparation. Many would have given up on the unthinkable idea of coming to search for a wreck under the ice worthy of a Jules Vernes novel. For two years, he put his life aside in order to concentrate on the task, multiplying the plans, fighting windmills, moving, pushing the immobile ones, avoiding the crocs in leg. I have known pit bulls who were less valiant on the bone! We owe him those wonderful days.

Finally, I think of John Kingsford, the boss of Deep Ocean Search, to whom we owe so many discoveries and so many great years on our old boat, the John Lethbridge.

Thank you all. All that will remain of this story are a few press clippings and perhaps a charm that our children will put back in the memory cupboard. But the most important thing is not material. What is important are the days we spent together and I think that if we had been in the same position as the men of the Endurance, we would have all come back alive.

Nicolas likes to say that nothing is set in stone. Probably, but this expedition and all these names will remain engraved forever in my memory.





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